Le collectif civil adresse un carton rouge à la Deal et émet des réserves quant au placement de la Guyane en réseau éducation prioritaire +.

. Il commence à en agacer certains par sa présence et ses initiatives permanentes.Mais force est de reconnaître que le collectif Tròp Violans va au bout de ses actions. La dernière date de ce week-end, avec le nouveau carton rouge (1) adressé à la direction de l’environnement, de l’Aménagement et du Logement (Deal) de Guyane. Celle-ci a dû procéder ce dimanche à des manipulations lourdes sur le pont du Larivot (lire page 5). L’ouvrage a donc été fermé une bonne partie de la journée. Mais moins longtemps que prévu néanmoins.

« VIOLENCE ADMINISTRATIVE »

Pour les membres de Tròp Violans, qui vont désormais beaucoup plus loin que leur mot d’ordre initial de lutte contre la violence et l’insécurité, la Deal mérite un carton rouge. Parce qu’elle est « incapable de projeter la construction d’un deuxième pont sur l’axe stratégique Île de Cayenne – Ouest guyanais » .Le collectif ajoute que « les rafistolages successifs du pont témoignent de l’urgence à construire ce deuxième pont » et parle même de « violence administrative subie par les usagers obligés de faire soixante kilomètres supplémentaires » .

Il considère donc qu’avec « l’augmentation du trafic routier, il devient urgent de réaliser ce deuxième pont » pour désenclaver le territoire.

NON AU CLASSEMENT EN REP +

Dans la seconde partie de ce communiqué, Farouk Amri, porte-parole de Tròp Violans, évoque la situation des infrastructures scolaires, sujet phare du collectif. Il rappelle le soutien apporté à l’intersyndicale enseignante dans sa demande de construction de cinq lycées, dix collèges et cinq cents nouvelles salles de classe. Mais il en profite aussi pour « adresser un avertissement » au monde éducatif et aux autorités académiques.

« Nous nous opposerons à tout classement de la Guyane en REP + (réseau éducation prioritaire) pour trois raisons » . D’abord, il considère que tous les établissements ne relèvent pas de ce dispostif […]. Ensuite, il refuse de légitimer une hausse de 150 euros mensuels pour les enseignants qui bénéficient déjà d’une prime de vie chère (de 25 à 40%), vu le contexte économique difficile pour une grande partie de la population guyanaise. Enfin, conclut-il, « le REP + octroie une bonification conséquente qui risque d’accentuer le turn-over » au sein du monde enseignant, « véritable fléau quant au suivi et donc à la réussite de nos enfants » .

Une fois de plus, le collectif Tròp Violans montre qu’il ne fait dans l’affichage mais souhaite véritablement s’attaquer aux problèmes de fond qui minent la Guyane. Au moins ses membres affichent leur volonté. On en attend maintenant autant de nos élus et personnalités politiques, plutôt silencieux ces derniers temps.(1) Tròp Violans avait déjà brandi le carton rouge envers le procureur de la République à cause des nombreuses plaintes classées sans suite, puis vis-à-vis de la police qui ne serait pas assez vigilante sur les informations circulant sur les réseaux sociaux, et aux épiceries de proximité qui vendent de l’alcool aux mineurs.

KROMWEL Jean-Marc – Dimanche 11 mai 2014

tropviolans973.com