Cet après-midi, les représentants d’un nouveau collectif baptisé « Tròp violans » rencontreront la maire de Cayenne. Une première démarche pour ces citoyens décidés à mobiliser contre l’insécurité.Ne pas être des spectateurs fatalistes de la violence. Voilà ce qui motive Farouk Amri et Olivier Goudet, à l’origine du collectif « Tròp violans » créé le 22 avril, une semaine après la marche contre les violences scolaires du 15. Les deux hommes sont syndicalistes, le premier dans l’éducation, le second dans les transports en commun, « mais il n’y a aucun aspect syndical dans ce collectif, c’est une démarche citoyenne » , précise Farouk Amri. Il souligne que ce sont des témoignages qui l’ont décidé à agir et surtout l’inquiétude, voire pire, la résignation de ses interlocuteurs. « Je me suis dit stop. Aujourd’hui, on est tellement abreuvés par cette violence, qu’elle en devient banale. »

UN APPEL AUX ASSOCIATIONSLes deux amis décident donc de fédérer « les forces vives de la Guyane » pour agir contre ce fatalisme. « L’idée n’est pas seulement de faire des constats, mais aussi des propositions » , poursuit Farouk Amri. Le collectif en soumet déjà quelques-unes destinées à occuper les jeunes durant les vacances. « Il faudrait ouvrir les écoles et les collèges pour proposer des activités, créer du lien et faire de l’apprentissage à la citoyenneté. Il faut aussi s’appuyer sur le sport. » Pour cela, Tròp violans veut mobiliser le plus largement possible. Associations sportives et culturelles, ligues sportives, mais aussi « les mères guyanaises et les gangans » sont appelés à se mobiliser et à rejoindre le collectif. Ainsi que tous les citoyens au quotidien : « On peut imaginer que des parents fassent des rondes dans les quartiers, sans créer une milice, mais pour discuter avec les jeunes. »Tròp violans veut aussi sensibiliser les socioprofessionnels. « On a le soutien de Joëlle Prévot-Madère pour la CGPME, on aimerait celui de monsieur Le Pelletier pour la CCI. Le chômage est facteur de violence et le climat de violence fait fuir les investisseurs. » Bien sûr, même s’il n’attend pas tout de l’État, le collectif a aussi des propositions à faire aux forces de l’ordre. « Il faudrait une antenne de police ou de gendarmerie ouverte 24 heures sur 24 dans chaque commune pour qu’on puisse réagir très vite en cas d’incident. » Un commissariat à Kourou fait aussi partie des idées soumises à l’État.Après la rencontre de cette après-midi, le collectif Tròp violans veut interpeller tous les maires de Guyane avec, notamment, une revendication commune : « faire en sorte que les prochains chantiers tiennent compte des études sur l’atténuation des tensions sociales. »Contact du collectif : tropviolans@gmail.com

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